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Isabelle Stanislas

Créatrice de concepts, de boutiques de luxe, de résidences à travers le monde, Isabelle a collaboré avec Hermès, Cartier, Céline, Zadig et Voltaire. Elle aménage les appartements, maisons et hôtels de luxe de grands collectionneurs. Son travail a été exposé au Musée des Arts Décoratifs, au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris… Architecte du Président Emmanuel Macron, Isabelle Stanislas vient de repenser et re-décorer la célèbre salle des fêtes du Palais de l’Élysée.

Interview d’une architecte qui prolonge ses rêves, entre patrimoine et création. 

Qu’est-ce qui te nourrit dans ton métier, quelle est la source de ton inspiration ? 
Accepter un projet, c’est consentir à l’inconnu, c’est aller à la rencontre d’un lieu, rentrer dans son histoire comme dans celle de la vie des gens, pour finalement en proposer une qui les rassemble. Il y a une alchimie qui se crée à chaque fois, un nouveau récit qui agrège ce que l’on entend, la façon de vivre des personnes et l’âme du lieu. Je crois en l’énergie profonde des espaces, j’y ressens des choses puissantes, j’aime percevoir ce qui a pu s’y passer, comprendre les raisons de l’état dans lequel il se présente ou dans lequel il a été transformé. J’aime revenir à l’état originel d’un lieu, à sa raison d’être au départ.  Je ne sais travailler que de cette façon et surtout je refuse d’imposer un geste architectural ! 

Quelles sont les personnes ou projets qui constituent des références pour toi ? 
Mes références associent l’univers de la mode, de l'art et de l’architecture, ils sont tous caractérisés par cette élégance qui consiste à mettre leur âme derrière chacune de leurs créations. C’est l’unique moteur possible selon moi.  J’aime le travail à la fois masculin et féminin de Kim Jones, c’est d’une fluidité rare, très contemporain et parfaitement intemporel. Il y aussi la géométrie de Buren, sa simplicité franche, ce travail sur des planches de bois brut au départ. Il a suivi cette idée jusqu’à en faire une performance artistique, avec des proportions qui lui sont propres et une justesse qui n’appartient qu’à lui.  Tadao Ando se donne des défis permanent, son travail marie l’instinct, le coeur, l’équilibre. Cet architecte autodidacte travaille avec les matériaux le plus bruts qui existent : le béton et le soleil. Enfin Mies Van der Rohe : il a tout simplement créé la perspective, le champ de vision dérobé, la ligne perpendiculaire interrompue. Tu te promènes et tu vas d’un endroit à un autre, simplement, avec très peu de portes, des axes de vue auxquels tu ne t’attends pas. Il crée un lieu avec simplement des parois, des panneaux perpendiculaires qui donnent naissance à une navigation finalement circulaire.

Quel compliment te touche sur ton travail d’architecte d’intérieur ?
J’ai souvent lu que mon écriture était minimale, que les lignes y sont simples et pures… mais ce que je préfère en réalité c’est que l’on me dise que l’on se sent bien, que l’équilibre est juste, que c’est chaleureux. Car minimal ne veut pas dire glacial, au contraire, le minimalisme laisse libre court à l’expression de chacun, à l’expansion de sa propre chaleur. Mon travail consiste à laisser les gens et la vie occuper l’espace. J’étais invitée hier au premier dîner du projet que je viens de terminer…Ce sont des moments précieux, l’espace et les gens se mettent à vivre ensemble, comme un mécanisme qui se mettrait à fonctionner. 

La ville qui t’inspire ou te ressemble ? 
J’aime énormément Florence, tu peux marcher, t’arrêter, faire un détour, découvrir une petite place, des chemins dérobés, entrer dans une expo. Tout est prétexte à s’arrêter. Mais je suis toujours une éternelle amoureuse de Paris, et ce exactement pour les mêmes raisons. En architecture, nous évoluons sur une rythmique temporelle très étendue, j’aime le fait que Paris soit un baromètre de la mode et du temps qui passe, entre calme et tempête tous les six mois. 

Qu’est-ce que l’art de vivre selon toi ? Comment définirais tu ta façon d’être et de vivre ? 
C’est savoir apprécier et recevoir. 
Apprécier le quotidien, là où d’autres y verraient la banalité, faire que chaque jour se déroule sous une bonne augure et l’aborder de façon positive, y faire circuler la meilleure énergie, s’éveiller à la curiosité, être heureux tout simplement de ce qu’on a, et ce dès le premier café du matin. 
Et puis recevoir… Pour rallier les énergies justement, pour créer et offrir des repères, pour s’éveiller à la nouveauté et aux possibilités qu’offrent la vie et le regards de ceux qu’on aime, pour se réjouir du bonheur d’autrui. Recevoir c’est un cadeau que l’on se fait à soit autant qu’aux autres.

Tes thèmes de prédilection dans ton approche créative ? 
Quel que soit le projet, il y a toujours la notion du volume, de la lumière, de la matière. Tout est alors une question d’alchimie qui permet de créer l’émotion par une proportion juste, qui fera que l’on se sent bien. 

Ton projet de référence ?
L’Elysée, qui est également mon projet le plus récent. Il agrège tout ce que j’ai évoqué jusqu’à présent. C’est un lieu traversé d’histoire qu’il fallait évidemment garder tout en donnant une nouvelle image. Plutôt que sur la décoration, j’ai préféré me concentrer sur l’architecture du lieu, sur sa circulations, ses pilastres, plafonds et fenêtres. Il fallait rendre au lieu sa vocation d’espace de la république française au delà des symboles qui s’y trouvaient. On m’a ainsi demandé de mettre en exergue ce qui avait été créé sous Mitterand, comme les percements, la perspective des fenêtres sous lesquelles on pouvait marcher. J’ai trouvé cette demande d’une grande humilité. Il a encore été question de partage, de discussion également avec des gens qui travaillent là, au fil des présidences, pour comprendre comment les choses se passent et s’y vivent. 

Quels sont tes matériaux, formes ou motifs fétiches ?
Le béton, le marbre, le cachemire, la soie, les lignes droites, parfois une courbe…
Je vois la beauté dans beaucoup de choses, mais ce que j’aime finalement, c’est associer les contraires. Car ce qui est intéressant, ce n’est pas la perfection mais bien l’accident. C’est cela qui me fascine parce que c’est un exercice délicat. Je crois en l’équilibre naturel des choses et des contraires.

Ton plus gros challenge réalisé ou à réaliser ? 
Construire. J’ai une âme d’architecte qui me fait systématiquement aborder un projet depuis ses fondations. À partir du moment où l’on crée la base, l’ancrage d’un bâtiment, on peut ajouter des satellites.  J’ai déjà construit auparavant mais j’aimerais pouvoir aborder un lieu public depuis ses fondements, peut-être une fondation ou une bibliothèque.

Ton rituel dans ton métier ? 
Je dessine toujours au stylo à plume, j’aime la sensation du glissement sur le calque, du risque du dérapage de cette plume qui entraine, de la nécessité de contrôler le trait . Au fil de l’avancement du projet, la plume glisse de plus en plus vite.

Le type d’architecture qui t’énerve ? 
Le geste architectural gratuit, je dirais même le geste architectural tout court. Cela revient pour moi à habiller un bâtiment sans fluidité, ni douceur, sans tenir compte de ce qu’il a représenté et de son sens. C’est ce que j’appelle de l’esbroufe. Il y a aussi l’approche caricatural de vouloir tout miser sur l’extérieur et d’oublier l’intérieur, ou inversement, en faisant fi de l’équilibre.

Si tu n’étais pas architecte, quel métier ferais-tu ? 
Je suis convaincue que la décoration, l’architecture et la mode sont des expressions narratives. Mon rêve aurait été d’être écrivain. C’est tellement beau et important d’inventer des histoires. Je le fais autrement dans mon métier, mais il s’agit finalement aussi d’un récit. Un projet fluide, c’est un projet que tu peux exprimer à travers des mots sans même avoir à le montrer. 

Un endroit de prédilection où te trouver habituellement ?
En Italie, un pays que j’ai vraiment découvert il y a deux ou trois ans. Que ce soit Milan, Florence, ou Venise, chaque destination à son architecture et sa caractéristique propre. Il y a toujours comme une musique en Italie… 

Ton objet fétiche ? Combien pèse-t-il ? 
Je n’en avais pas vraiment. Mon fétiche est récent, c’est une bague Statement. Elle tient finalement plus du vêtement que du bijou et me donne l’impression d’être enfin habillée, d’être prête.

Ce qui a du poids dans ta vie ? 
Le sens, car nous sommes uniquement de passage, il faut donc trouver et créer son propre sens, puis le faire partager. Ne pas écouter, ne sourire n’a pas de sens, être malheureux encore moins. Donner du sens à sa vie, c’est créer son ancrage, à partir de là tout est enfin possible.

Ton/tes objets LE GRAMME, quel est/sont-il ? Comment les portes/utilises tu ?
J’ai trois bracelets, un 41g et deux 21g en Argent 925 noir brossé . Je les porte en accumulation car je n’aime pas les séparer. Je joue avec eux, avec leur rythme, leurs pleins et leurs vides, plaçant le plus large devant, puis derrière, les ouvertures au dessus ou en dessous du poignet. J’aime la philosophie de cette marque, la façon dont elle s’est créée, les gens qui sont derrière et ce qu’ils en ont fait.

Si LE GRAMME était un élément ou une œuvre architecturale, lequel/laquelle serait-il ? 
​Le Guggenheim Museum. Parce qu’on ne s’en lasse pas… La fluidité du parcours fait qu’on peut y passer une éternité en ayant l’impression d’y être resté 5 minutes. Il fait partie du décor. Il est à la fois simple et toujours en mouvement. 

 

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