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Vincent Dedienne

Ce qui te nourrit dans tes métiers, ce qui t’inspire ? 
Les gens. Que ce soit au cinéma, au théâtre ou dans mes chroniques, je m’inspire des gens.  Je les regarde vivre et je les restitue. C’est le cahier des charges de ce métier, c’est ma fiche de poste. Je me suis aussi rendu compte que lorsque je crée, au final, j ‘écris une lettre à la dernière personne qui a partagé ma vie, une sorte d’aveu a posteriori envers quelqu’un qui a compté. Comme une dernière lettre d’amour, de reproches, d’insultes, de doléances, ou tout ça à la fois. 
D’une manière générale, plutôt que de donner aux gens ce qu’ils veulent et connaissent, je préfère essayer de leur donner ce qu’il ne savent pas encore qu’ils aiment.

Les personnes ou projets qui constituent des références pour toi ? 
J’ai l’impression que nous vivons une période qui se plait plus à la détestation qu’à l’hommage. Mais moi j’adore adorer des gens et le dire. Je pense à Alain Resnais, Muriel Robin, Nathalie Baye, Jean-Pierre Bacri, Agnès Jaoui, Christophe Honoré, Laurent Laffite… Et la liste est longue. Beaucoup de ceux que j’admire sont morts, mais heureusement il y a encore de beaux vivants et j’y suis attaché comme à des grands frères, tel Vincent Delerm. 

Le compliment qui te touche sur ton métier ?
Personne n’est très à l’aise avec les compliments… Moi j’aime bien quand on me dit : « c’est la première fois que je viens au théâtre ». C’est donc peut-être plus au défi qu’au compliment que je suis sensible, ça me donne le sentiment de pouvoir rendre ce qu’on m’a offert. J’ai découvert le théâtre en allant voir des acteurs que j’aimais. Le spectacle, c’était pour moi l’intimité suprême, un lieu ou s’échangeaient toutes les impudeurs (chagrins d’amours, rapports au corps, à la famille…). C’est l’endroit où, comme le disait l’écrivain Hervé Guibert « il faut que les secrets circulent ».

La ville qui t’inspire ou te ressemble ? 
Il y a dix ans, je suis allé avec l’école à Johannesburg en Afrique du Sud. Une ville complexe, très marquée par l’apartheid. On avait été prévenus qu’il fallait faire très attention, que l’insécurité était complète. J’ai insolemment fait tout l’inverse, en sortant seul la nuit, en prenant la voiture. Je n’ai eu aucun problème. Je me sentais en terrain étrangement familier, bizarrement chez moi. On travaillait sur un projet au Ster City, un cinéma qui avait brûlé durant l’apartheid, un lieu fantôme dans lequel j’aimerais beaucoup retourner.

L’art de vivre selon toi ? 
C’est l’art de rire ! C’est la chose la plus généreuse, de rire et faire rigoler les autres. C’est offrir une version plus distinguée et plus inventive de soi-même. On ne peut désormais plus rire de tout, et je trouve ça pas plus mal. Je préfère le rire inclusif au rire excluant. C’est ce qui me fascine dans le spectacle, chaque soir le public change et on cherche à créer un nouvel échange, un vivre ensemble éphémère.

Tes thématiques de prédilection ? 
J’aime beaucoup l’auto-dérision, je deviens un peu naturellement mon propre sujet. Je préfère me tourner en ridicule moi-même avant qu’un autre ne le fasse.

Ton projet de référence ?
J’ai adoré celui qui va sortir au cinéma à l’automne. Attention, je le dis sans logique promotionnelle ! C’est un film de Ludovic Bergery avec Emmanuelle Béart que je rencontrais pour la première fois. Il s’est passé quelque chose de très gracieux avec Emmanuelle, une entente réconfortante, de celle que l’on a quand on connait quelqu’un depuis toujours.

Ton jeu de mot ou ta figure de style fétiche ?
Je m’en méfie un peu maintenant, mais j’utilisais beaucoup l’énumération qui permet de faire cohabiter des choses qui ne cohabitent pas naturellement ensemble.

Ton plus gros challenge réalisé ou à réaliser ? 
C’est forcément d’écrire le deuxième spectacle. Il faudrait passer au 3e spectacle directement, ce serait moins angoissant, car le deuxième oblige à confirmer quelque chose qui était peut être dû au hasard la première fois. Il faut parvenir à se renouveler vraiment, tout en persistant à faire ce qui me plait et a plu. 

Ton rituel dans ton métier ? 
Je me parfume différemment selon les rôles. Je n’ai aucun avis sur le choix du costume, mais je sais exactement comment le personnage que je vais incarner se parfume. J’écume donc les parfumeries, je teste et je réfléchis. Une fois le parfum choisi, je le porte toute la durée du tournage. Pour le jeu de l’amour et du hasard de Marivaux - dans lequel je jouais un pauvre Arlequin qui se croit maître et riche - je portais « i’m a trash » d’État Libre d’Orange.  Pour mon spectacle c’était l’Eau de Pamplemousse Rose d’Hermès. Pour Terrible Jungle avec Catherine Deneuve, c’était Philosykos de Diptyque. Pour le dernier, je n’ai pas choisi de parfum, non pas que je ne l’ai pas trouvé, mais je pense que mon personnage n’en porte pas. Ce qui n’est pas évident car le parfum m’aide beaucoup. 

Le type de comédie/spectacle qui t’énerve ? 
Celui des films homophobes ou racistes, qui ont l’air de dénoncer des phénomènes d’exclusion et tombent de façon navrante dans les même clichés. Je vois un archaïsme latent dans le fait de voir ce type de film percer alors que des comédies véritablement singulières et inédites ne se montent pas… La facilité du rire au détriment des autres m’énerve.

Si tu n’étais pas comédien/auteur/humoriste, quel métier ferais-tu ? 
Je serai sans aucun doute Nez. J’ai découvert les parfumeries il y a plus de 10 ans en m’installant à Paris. Je n’avais pas vraiment conscience que le parfum existait hors des coffrets de rayons de supermarchés.  Le parfum relève de l’art et la culture plutôt que de l’industrie. C’est une expérience. Cette passion ne me rend pas très fidèle, j’oscille olfactivement entre Sable de Goutal, Eau de citron noir d’Hermès, Etat libre d’orange en général, et Fleur d’oranger de Molinard.

Un endroit de prédilection où te trouver habituellement ?
Chez mes parents en Saône et Loire, dans un village au milieu des vignes. Et si la fin du monde devait avoir lieu demain, j’irais illico en Corse, pour regarder ça tranquillement depuis un bout de rocher en Balagne. 

Ton objet fétiche (en dehors de Le Gramme !) ?
Une bague d’un petit artisan de Saône et Loire que je porte tout le temps. Je suis aussi très attaché à une photo d’Hervé Guibert que je me suis offerte avec mon premier cachet. J’étais allé rencontré sa veuve dans son appartement pour la choisir … J’ai eu l’impression de rentrer dans son intimité. C’est une très belle photo que je vois tout les jours. Un repère.

Ce qui a du poids dans ta vie ? 
Mes amis. On ne fait pas assez de promotion pour l’amitié et beaucoup trop pour l’amour qui est terriblement conventionnel. On nous bassine avec les mythologies amoureuses, alors que la vraie détresse, c’est la vie sans amitié.

Tes objets LE GRAMME, quels sont-ils et comment les portes-tu ?
J’ai les bracelets rubans 33g et 15g en argent 925 poli, un bracelet jonc 9g en or jaune poli et un anneau 9g en argent 925 poli. Je les porte tous les jours sauf quand le costume ne le permet pas. Je les assemble. Je me les fais un peu emprunter, parfois durablement. Un de mes amis m’en a pris un, ça va faire deux semaines. Je prends ça comme un compliment.

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LE GRAMME | VINCENT DEDIENNE | AMBASSADORS
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