dan thawley


Qu’est-ce qui t’inspire ? Quel est ton process quand tu imagines le prochain A Magazine Curated By ?
Pour le magazine on s’inspire beaucoup de l’univers des créateurs que l’on choisit à chaque fois, c’est vraiment à eux de nous guider par rapport aux sujets que l’on explore ensemble. Nous les dirigeons vers les bonnes pratiques pour produire un magazine print, on les « titille » aussi quelque part en les mettant en contact et en trouvant des rapports différents avec des personnes créatives qui explorent d’autres médias, d’autres univers et disciplines dont ils n’ont pas toujours l’habitude d’explorer. L’inspiration vient vraiment dès le début du processus avec le choix d’un créateur pointu. Toutes les personnes intéressantes qui les entourent : leurs héros et même leurs meilleurs amis nous inspirent également.


Quelles sont les personnes qui représentent des références pour toi dans ton métier ?
J’ai la chance d’avoir eu plusieurs mentors dans ma vie. Au tout début, en Australie, ce n’était pas forcément des journalistes mais des personnes du milieu de la mode par exemple des acheteurs. Ces personnes m’ont guidées vers la bonne voie, ils ont été pour moi comme des grands frères quelque part aussi. Plus tard, je me suis laissé guider par d’autres rédacteurs qui sont très inspirants dans ce secteur. Des personnes « hybrides » par leur capacité à traverser plusieurs disciplines créatives en même temps. Des personnes qui dans leur magazine ou dans la pratique de leur métier arrive à mélanger beaucoup de choses. Hans Ulbrich Obrist est un exemple pour moi, c’est un curateur d’art extrêmement intelligent et brillant mais qui s’intéresse toujours aux jeunes, à la mode, à la musique et à plein d’autres disciplines que l’art contemporain, qui est son domaine de prédilection.

Quel compliment aimerais-tu entendre ou réentendre à propos de ton travail ?
J’aime que mon travail soit d’une qualité élevée mais que cela reste également pédagogique et didactique. Je trouve que la culture est une chose qui doit rester accessible à tous. Tout le monde peut explorer de grandes pistes et de grands questionnements. C’est ce que l’on fait dans notre magazine. Si notre magazine arrive aussi à expliquer des projets aux autres, en ouvrant le monde de la mode, le monde de l’art, aux personnes qui ne les connaissent pas forcément aussi bien que nous alors je suis heureux !

La ville ou destination qui t’inspire, ou te ressemble ?
L’Italie en général reste un pays qui me fascine, c’est un pays avec tellement de richesses et d’histoire. Ce n’est pas juste une ville ou un quartier qui m’inspire, c’est le fait que n’importe où, il y a des églises ou des musées, des pépites culturelles extrêmement intéressantes et parfois très étranges qui mélange notamment la religion, la politique, la sociologie et l’art. j’aimerais beaucoup visiter l’Égypte également.
« L’inspiration vient vraiment dès le début du processus avec le choix d’un créateur pointu. »
Comment décrirais-tu ton art de vivre ?
Mon art de vivre est à la fois posé et speed ! J’adore prendre le temps pour bien vivre, bien m’alimenter, prendre du temps avec mes amis mais j’ai aussi une vie remplie de travail, c’est une chose que j’aime faire. L’écriture, la découverte des expos réalisées par différentes personnes. J’adore faire des interviews avec des personnes intéressantes. J’ai un équilibre entre vie professionnelle et vie privée qui se mélange.

Le projet dont tu es le plus fier ?
Celui d’avoir passé douze ans chez A magazine tout en développant ma carrière à côté. En développant des projets avec d’autres magazines, des marques de luxe, des jeunes créateurs. Le magazine reste un projet d’âme que je continue à faire et ça me laisse aussi l’opportunité de faire pleins d’autres choses grâce aux connaissances que cela m’a donné de la mode.

As-tu des rituels dans ton travail ou ta vie ?
Je suis devenu plutôt fan d’acuponcture et du gua sha. C’est un petit rituel que j’aime bien faire, cela me détend. Je fais un peu de yoga aussi de temps en temps.

Il y a-t-il un type d’article ou de publication qui t’énerve ?
Je ne suis pas très fan du ‘listicle’ (list article), c’est quelque chose qui réduit la valeur d’une chose je trouve parfois. C’est devenu très courant de discuter d’un défilé ou d’une exposition ou de n’importe quelle expérience avec une liste de dix points. Je trouve que c’est réductif et que cela ne laisse pas trop de libertés ni aux journalistes, ni aux lecteurs, de bien décrire ni comprendre une réelle atmosphère.
« Hans Ulbrich Obrist est un exemple pour moi, c’est un curateur d’art extrêmement intelligent et brillant. »
Un endroit où te trouver habituellement ?
J’aime les restaurants intimistes, j’aime tester de nouvelles expériences gastronomiques à la fois très simple et très complexe. J’aime les gens qui arrivent à déclencher des choses différentes grâce à la nourriture et au vin. J’aime beaucoup Le Grand Bain, OGATA, Maison SOTA, et Restaurant A.T. pour des occasions spéciales!

Qu’est-ce qui a du poids dans ta vie ?
L’authenticité des choses, les projets qui ont une vraie valeur à la fois artistique et humaine. Les personnes intéressantes du monde entier qui ont des envies et des expériences différentes. Je suis chanceux d’avoir dans ma vie des amis très différents les uns des autres, qui ne se connaissent pas tous. Je pense que si j’organise mon anniversaire et que j’invite cent personnes il y aura des gens très différents, mais je me nourris de leurs différents points de vue.

Quels sont tes objets le gramme ? Comment les portes-tu ?
J’aime beaucoup les bracelets fins de Le Gramme, je porte très souvent le bracelet ruban guilloché 23g et le bracelet beads 11g. J’aime autant l’or que l’argent, j’adore les mélanger.

Si le gramme était un livre, une publication ? Lequel serait-il ?
Je dirais ‘The System of Objects’ de Jean Baudrillard. le gramme est une marque qui est à la fois très masculine, pensée, intelligente mais aussi atmosphérique et philosophique quelque part. Il y a une philosophie qui est tellement intégrale dans cette marque, c’est une philosophie qui s’applique dans la vraie vie. C’est ça le gramme.
« Mon art de vivre est à la fois posé et speed ! »
son accumulation
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