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  • le gramme
  • Joseph Altuzarra

    « Je suis touché de pouvoir compter Joseph parmi nos ambassadeurs autant que je suis sensible à son œil et à son esthétisme. Le développement de sa marque et son implication dans celle-ci forcent le respect. Je suis également admiratif de la loyauté respective que Joseph et Mélanie Huynh, ma belle sœur, ont l’un envers l’autre depuis tant d’années. Il évoque sa gentillesse dans son interview et c’est bien cette gentillesse et sa disponibilité qui m’ont le plus marquées à son contact. »

    Erwan Le Louër - Co Fondateur de le gramme


    Directeur de création de sa propre Maison depuis 2008, Joseph a auparavant travaillé de Paris à New-York pour Marc Jacobs, Proenza Schouler, Givenchy… À seulement 36 ans, ce surdoué de la mode, adoubé par Anna Wintour et repéré par le groupe Kering dès ses débuts, continue d’imposer sa vision de la femme et la mode.

    Qu’est-ce qui nourrit ton style, quelle est la source de ton inspiration ?

    Il s’agit avant tout d’observer les femmes qui m’entourent. Elles sont ma vraie matière première avant toute autre. Je vis et travaille entouré de femmes, ma mère, mes deux grandes amies Mélanie Huynh et Vanessa Traina, mes collaboratrices… J’aime regarder la manière dont elles s’habillent, comment elles ont décidé de vivre leur vie, ce qui se dégage d’elles, les envies qu’elles formulent et surtout celles qu’elles n’ont pas encore formulées.

    Quelles sont les personnes qui constituent des références pour toi en terme de style/mode ?
    La première, c’est Tom Ford. Je l’ai découvert à l’adolescence alors qu’il travaillait pour Gucci puis Saint Laurent. Il constitue une double référence puisqu’il m’a donné envie de devenir designer et donné la force d’assumer ma sexualité à une époque où j’étais mal dans ma peau, ce qui n’aidait pas forcément à avoir des amis. Il représentait un modèle de succès professionnel et personnel, il avait décidé de revendiquer sa différence pour en faire une force. Mes parents sont aussi des références. J’admire leur qualité de vie et leur détermination. A l’époque, être un couple mixte (ma mère est sino-américaine et mon père français avec des origines espagnoles) n’était pas très courant. Ils ont choisi de miser sur la famille, sur la relation avec leurs enfants, tout en bâtissant leurs carrières respectives. Ils sont un exemple d’harmonie et une source d’admiration.

    Quel compliment aimerais-tu entendre où ré-entendre dans ton métier ?
    Cela ne va pas sembler lié à mon métier de prime abord, mais j’aime savoir que l’on me trouve gentil. La gentillesse devrait être une priorité. Il faut aborder une pièce avec gentillesse, de même que le corps d’une femme, sa vie, sa façon d’envisager un vêtement ou un accessoire. Au quotidien, j’ai besoin de travailler dans une atmosphère faite de tendresse et de respect, je me suis entouré d’une équipe qui partageait ces mêmes valeurs.
    « la gentillesse devrait être une priorité. il faut aborder une pièce avec gentillesse, de même que le corps d’une femme, sa vie, sa façon d’envisager un vêtement ou un accessoire. »
    La ville ou la destination qui t’inspire ou te ressemble ?
    J’ai vécu à Tokyo quand j’étais enfant et j’y ai passé trois semaines récemment. Cette ville m’inspire par son mélange d’énergie et de tradition, ce contraste entre les deux est fascinant. New York est en revanche la ville qui me ressemble, un endroit où je suis moi-même. New York est comme un livre, elle offre à ceux qui y arrivent une page blanche dans laquelle chacun vient écrire sa propre histoire. Personne n’est vraiment originaire de cette ville et nous faisons finalement tous parti d’un même récit.

    Comment définirais-tu ta façon d’être et de vivre ?
    Je recherche le bonheur simple. Si on y prête attention, la vie est parsemée de petits bonheurs qu’il suffit d’identifier et d’apprécier. Les enfants ont cette habileté à être dans le présent. Je m’attache à conserver cette capacité d’émerveillement, d’être heureux juste parce que je m’endors à côté de l’homme de ma vie.

    Tes thèmes de prédilection dans ton approche créative ?
    Il y a d’abord une exploration autour de l’identité, car j’ai été touché par cela : j’ai dû chercher à savoir ce que c’était d’être français, chinois, américain, homosexuel... Il y aussi une thématique de voyage, une curiosité pour l’artisanat du monde entier, la recherche de techniques venues d’ailleurs, l’envie de les mélanger pour proposer quelque chose d’universel. Ma dernière collection empruntait aux techniques de crochet de ma grand-mère originaire du Pays Basque, au patchwork de rayures qui viennent d’Espagne ou d’Asie.

    La personne que tu rêverais de pouvoir habiller ?
    Audrey Hepburn sans aucun doute ! Elle représente le comble de la féminité et du cool. Je l’imagine en tayloring, dans un sublime costume parfaitement noir avec les cheveux courts, sexy par sa simplicité franche, avec des chaussures plates et pointues.

    Quel est le plus gros challenge dans ton métier ?
    Le plus difficile c’est de parvenir à s’affranchir de l’opinion des autres, à continuer de s’écouter, à rester dans son intuition et dans son intention. Car la gentillesse, ce n’est pas forcément de faire ce que les gens aimeraient que vous fassiez.

    As-tu des rituels dans la vie ?
    J’en ai beaucoup. Certains sont liés au fait que je suis assez superstitieux : ainsi je ne passe pas sous les échelles ! D’autres sont de l’ordre de l’habitude, comme de systématiquement manger deux toasts beurrés le matin avec mon thé depuis presque toujours. Puis vient la discipline rassurante de travailler en utilisant une boite à lumière et systématiquement le même type de crayon, un Pentel P205. De là, surgissent les envies, comme celle de tricoter avant de dormir depuis quelques temps. Je viens de m’y remettre et j’ai déjà terminé deux pulls !
    « Ma dernière collection empruntait aux techniques de crochet de ma grand-mère originaire du Pays Basque, au patchwork de rayures qui viennent d’Espagne ou d’Asie. »
    Le style qui t’énerve ?
    Honnêtement, je ne vois pas. On en revient toujours à la gentillesse, je respecte trop les gens pour ne pas prendre en considération leur style, essayer de comprendre leurs raisons. Même la vulgarité ne parvient pas m’énerver, j’ai décidé de trouver cela plutôt amusant.

    Un endroit de prédilection où te trouver habituellement ?
    Dans mon bureau, éclairé d’un grand canapé en velours rose, dans ma maison des Hamptons, un lieu dans lequel je me ressource ou chez Sushi of Gari à New York.

    Ton objet fétiche ? Combien pèse-t-il ?
    Mon mari m’a offert il y a 8 ans, une médaille que je n’ai jamais quittée depuis. Elle est gravée de nos initiales, d’une illustration de mon livré préféré (A girl who loves wild horses, que me lisait ma grand-mère) et de ma date de naissance au verso.

    Ce qui a du poids dans ta vie ?
    La famille de sang et de cœur. Une famille rejointe dans à peine un mois par notre petit bébé, une petite fille, une nouvelle femme qui va m’inspirer toute sa vie.

    Tes objets le gramme, quels sont-ils ? Comment les portes-tu ?
    J’ai un bracelet en or gris, offert par Erwan que je porte chaque jour. C’est mon seul bracelet.

    Si le gramme était un vêtement ?
    Un perfecto en cuir noir, classique, cool, universel, unisexe et qui traverse le temps.
    « je respecte trop les gens pour ne pas prendre en considération leur style, essayer de comprendre leurs raisons. Même la vulgarité ne parvient pas m’énerver »
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